LE CHAT AU MOYEN-ÂGE
"Le
chat n'est "domestique" qu'autant que la chose
convient à ses propres desseins. Pour lui, pas de niche, pas de
laisse, pas d'ordre qui puisse limiter ses allées et venues."
Sarki (1870-1916)
Sarki (1870-1916)
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Les Chroniques de Gaël - Gargouille du Moyen-Âge |
On appelle Moyen Âge l'époque de l'histoire occidentale située entre l'Antiquité et l'Epoque moderne (qui, elle, couvre la fin du Moyen Âge jusqu'à la Révolution française), soit du VIè au XVIè siècle. Il s'étend donc sur une période de 1000 ans.
L'expression "Moyen Âge" n'a pas de sens en
elle-même. Elle vient du latin "medium aevum", qui signifie "âge
intermédiaire" ou "âge moyen" d'un homme. Le Moyen Âge
est donc un âge intermédiaire entre différentes époques et différents courants
artistiques, pendant lequel le chat n'a pas eu la vie belle. Après avoir été
vénéré dans nombres de sociétés, le Moyen Âge a fait du chat un animal
maléfique investis de pouvoirs effrayants, et persécuté.
LA PAPAUTÉ ET LES CHATS
La religion chrétienne est au coeur de l'histoire médiévale : elle
modèle la pensée de cette époque, notamment en raison de la montée en puissance
de l'Eglise catholique organisée autour de la papauté de Rome. Les papes au Moyen
Âge n'ont pas été bienveillants avec les chats, certains n'hésitant
pas à les faire exterminer sous prétexte qu'ils étaient malfaisants et diaboliques.
Le renouveau des cultes païens, notamment au XIVe siècle, a
contribué à l'extermination des félins. Si les Egyptiens avaient donné au chat
une réputation surnaturelle et païenne pour ses mystères, sa grâce et sa
beauté, l'Eglise interpréta ces qualités de façon bien différente et accusa le
chat d'être la réincarnation du diable. Une bulle papale de 1233 stipula que
les chats noirs étaient les serviteurs du Diable. Plusieurs siècles de
haine envers les chats s'ensuivirent. En voulant lutter contre les rites
païens, l'Eglise inventa le chat démoniaque.
L'INQUISITION
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Innocent VII |
Le pape Innocent VII (1336 - 1415) exigea une intensification immédiate de la persécution des chats, provoquant une augmentation des décès des félins, dont le nombre atteignit plusieurs millions.
Le pape
Innocent VIII (1432 - 1492) a lui aussi sérieusement
contribué à l'horreur de la situation. En 1484, il rédigea
une bulle papale ordonnant que les sorcières et leurs chats
soient brûlés vifs.
La cruauté des hommes envers les chats à l'époque de l'Inquisition est sans limite.
La cruauté des hommes envers les chats à l'époque de l'Inquisition est sans limite.
LE CHAT ET LA SORCELLERIE
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Les Chroniques de Gaël - Sorcière et son chat noir |
A cette époque, toute personne possédant un chat noir risque de mourir brûlée vive, à moins que le chat ait une petite touffe de poils blancs appelée "doigt de Dieu" ou "marque de l'ange" sur le poitrail.
Dans
ces croyances d'un autre âge, le chat noir était soit la
réincarnation du diable, soit celle de la sorcière. Le chat
était alors jugé comme une personne et souvent mêlé à des
procès de sorcellerie. Dans le procès des Templiers, on
mentionne l'adoration de Lucifer qui apparaissait à ses adeptes
sous la forme d'un chat.
Les persécutions s'arrêtent au XVIIe siècle. Le Parlement de Paris finit par nier toute réalité aux pactes sataniques et aux maléfices. La persécution des sorcières et de leurs chats a culminé au XVIe et XVIIe siècle et a coïncidé avec la Renaissance et la montée de l'humanisme.
Les persécutions s'arrêtent au XVIIe siècle. Le Parlement de Paris finit par nier toute réalité aux pactes sataniques et aux maléfices. La persécution des sorcières et de leurs chats a culminé au XVIe et XVIIe siècle et a coïncidé avec la Renaissance et la montée de l'humanisme.
LA
PESTE NOIRE
Au
XIVe siècle, la Peste noire, ou la Grande Peste, pandémie de
peste bubonique, ravagea l'humanité : entre 1346 et 1350, au
moins un tiers de la population européenne fut décimée, soit
environ 25 millions de victimes. Elle resta endémique pendant
trois siècles.
Elle se propagea à cause des puces du rat. Malgré les croyances de l'époque, le chat ne jouait aucun rôle dans la transmission de la peste. En revanche,comme il était massacré, la maladie se répandit davantage. Si l'on n'avait pas accusé à tort le chat d'être responsable de la peste, l'épidémie n'aurait pas duré aussi longtemps. Le lord-maire de Londres, par exemple, appela au massacre de tous les chats, facilitant ainsi sans le savoir la propagation de la maladie.
Souffrance d'une maisonnée frappée par la
peste.
On ignore si le chat (en bas à droite) a été tué par la maladie ou parce qu'on
le tenait pour responsable.
On ignore si le chat (en bas à droite) a été tué par la maladie ou parce qu'on
le tenait pour responsable.
Le seul
animal qui n'était pas soupçonné alors était le rat (alors
qu'il était depuis longtemps associé à la peste en Orient).
Les paysans qui, malgré les risques encourus, avaient conservé
des chats, échappèrent à l'épidémie, les chats ayant
éloigné les rongeurs.
Ce détail d'un manuscrit du XIIIè siècle montre des chats dératiseurs.
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